mardi 25 janvier 2011

SAUVONS NOTRE REVOLUTION

Pouvons-nous être l'exemple à suivre si nous continuons à adopter une attitude maximaliste et à brouiller les pistes?

Regardez cette photo des manifestants égyptiens brandissant aujourd'hui le drapeau de la Tunisie dans les rues du Caire et réfléchissons un instant sur notre responsabilité vis à vis de notre propre révolution et sur celle que les peuples arabes -l'Egypte en tête- souhaitent nous voir assumer.

Sauvons notre révolution, Abandonnons les attitudes maximalistes, Renforçons notre solidarité, Continuons à pratiquer le dialogue et la concertation constructives et surtout Soyons à la hauteur des valeurs nobles de notre révolution.

Mon appel s'adresse tant aux tunisiens qu'au président de la république actuel, le gouvernement de transition en place, la société civile, l'UGTT, les partis politiques et l'opposition dans son ensemble.


www.lemonde.fr
Le Monde.fr - Plusieurs mouvements d'opposition appellent les Egyptiens à manifester mardi, espérant imiter le soulèvement tunisien.

vendredi 21 janvier 2011

METTONS NOUS A L'OEUVRE

Aujourd'hui, la "Révolution du jasmin" a sept jours. Sa gestation a commencé avec le soulèvement des mineurs de Redeyef en 2009. Durant plus de deux ans, l'embryon a été nourri par le sang des martyrs dont celui de Mohamed BOUAZIZI qui le 17 décembre dernier par son acte héroïque a fini par lui donner l'âme et la vie. La révolte s'est alors transformée en REVOLUTION et le 14 janvier, le bébé est venu au monde, stupéfiant ce dernier par sa vigueur et sa prématurité. Depuis ce jour historique, la révolution n'a cessé d'avancer et de marquer des points. En une semaine, la révolution du jasmin a imposé sa volonté et tracé son chemin vers la LIBERTE, LA DIGNITE ET LA DEMOCRATIE.

Bien que portée par la volonté de son peuple et la détermination de sa jeunesse, cette révolution est encore loin de marcher fermement sur ses pieds. Ses aspirations restent en devenir et la Tunisie libre, digne et démocratique que tous les Tunisiens appellent de leurs voeux reste à construire.

Alors que nous entamons aujourd'hui le premier des trois jours de deuil en hommage à nos martyrs, nous devons TOUS et sans tarder nous engager dans l'édification de notre Tunisie nouvelle. Nous devons le faire dans la solidarité, la tolérance, le respect et surtout la raison.

L'urgence de notre action s'inscrit à mon sens dans trois domaines clé.

Tout d'abord, dans celui du code électoral et du code de la presse. Deux secteurs où la réforme s'impose de manière urgente afin que les prochaines élections présidentielles et législatives, puissent se dérouler dans la transparence, le droit et le respect de la volonté du peuple. A ce titre, je pense qu'il est impératif que la loi en vigueur qui interdit la légalité à tout parti politique basé sur la religion soit maintenu en attendant que des dispositions plus claires et plus précises soient intégrées au sein même de la nouvelle Constitution (voir plus loin). Un autre élément qui me semble indispensable afin d'éviter tout accaparement du pouvoir par un quelconque parti est l'adoption du principe de la proportionnelle dans les élections. Voici au moins deux éléments sur lesquels nous devons nous pencher et approfondir notre pensée. Quant à la réforme du code de la presse, elle s'inscrit dans la même urgence pour des raisons évidentes: garantir la liberté de la presse afin qu'elle puisse jouer pleinement son rôle d'information et accompagner ainsi les prochaines élections.

Le second domaine est celui de la sécurité. En effet, il est urgent que le citoyen tunisien retrouve au plus vite la sécurité et la confiance dans la police nationale. Un premier pas est fait suite à la décision prise hier par le gouvernement d'union nationale d'enlever des établissements universitaires la police universitaire et les agents de renseignement. Mais le plus dure reste à faire et à faire rapidement. Il faut que la sûreté nationale soit débarrassée de ses fonctions et de ses structures répressives (en particulier la police politique) et que la police cesse d'être une police de repression pour devenir une police de protection du citoyen. Il y a plus de 120,000 agents de police en Tunisie sans compter les milices et les indicateurs du RCD qui sont bien plus nombreux (on estime qu'il y a en moyenne un agent de police ou de renseignement pour 5 Tunisiens). Mais soyons clair, il ne s'agit pas de transformer cette réforme en vindicte contre le corps de police. Il faut à tout prix éviter d'iraquiser la situation en mettant dans la rue et en stigmatisant des milliers d'agents de police formés à l'usage des armes et connaissant les rouages de la repression. L'épuration doit se faire à la fois par l'élimination des éléments irrécupérables qui doivent être mis hors d'état de nuire et par l'organisation de programmes de formation et de rééducation qui feront d'eux une force de sécurité et de protection citoyenne et républicaine.

Le troisième, enfin, concerne la réforme des institutions politiques et de la justice. La commission présidée par Yadh Ben Achour se penchera sur cette tâche essentielle. Nul ne doute de la compétence, de la probité et du patriotisme de M. Ben Achour. Personnellement je lui fais confiance et m'attends à ce qu'il mène sa mission avec succès et de manière satisfaisante. Je pense néanmoins que cette commission ne doit pas inclure parmi ses objectifs l'élaboration de la nouvelle Constitution. Deux raisons justifient ma position à ce sujet:

  • D'abord parce que l'élaboration d'une Constitution est une lourde tâche dont la complexité nécessite d'y consacrer une commission qui lui soit totalement dédiée et dont les membres doivent afficher une expérience prouvée et une compétence juridique spécifique.
  • Ensuite, et c'est le plus important, parce que la nouvelle Constitution ne peut être préparée par un gouvernement de transition (à l'heure actuelle encore contesté: la puissante Union générale des travailleurs tunisiens -UGTT- vient d'annoncer son refus de tout gouvernement qui comprendrait en son sein un quelconque membre/minitre de l'ancien régime) même s'il jouit du consensus populaire. Cette tâche fondamentale doit être l'oeuvre des états généraux de la république réunis par le gouvernment qui sera issu des prochaines élections afin que le peuple puisse être correctement représenté, afin que les partis politiques, les organisations non gouvernementales et la société civile puissent jouer pleinement leur rôle et afin que la concertation entre l'ensemble des Tunisiens (à travers les élus et les instances qui les représentent) puisse effectivement s'exercer.


Notre rôle en tant que citoyen responsable est de commencer immédiatement à nous préparer afin de contribuer positivement à l'accomplissement de cette oeuvre majeure qui déterminera l'avenir de notre pays et de son peuple. Nous devons commencer à étudier les Constitutions d'autres pays véritablement démocratiques, réfléchir sur leur contenu en fonction de notre histoire, notre culture, nos valeurs et les aspirations clairement exprimés par notre révolution. Nous devons mieux comprendre et identifier les points forts et les points faibles des divers régimes démocratiques (présidentiel, parlementaire, etc.) qui existent autour de nous, identifier et évaluer les pouvoirs et contre pouvoirs qu'ils utilisent... Tout cela est nécessaire afin que chacun d'entre nous puisse exercer de manière responsable ce droit que la révolution tunisienne vient d'arracher, afin d'éviter les erreurs et les dis-fonctionnements éventuels et réussir enfin à concevoir le régime démocratique qui nous convient le mieux et qui assure le développement continu de notre démocratie. A titre d'exemple, nous devons dès l'instant réfléchir sur la question de l'état et de la religion dans la constitution. Personnellement, je militerai de toutes mes forces pour une Constitution qui garantirait la laïcité et la séparation totale entre l'état et la religion.

J'invite particulièrement nos jeunes à se mettre à cet exercice car leur avenir en dépend sérieusement.

Vive la Tunisie libre, digne et démocratique.

   

jeudi 20 janvier 2011

A MES AMIS



Le 14 janvier est un jour historique et sans doute l'un des plus beaux et des plus heureux de ma vie. Je me rappelle avoir dit à certains d'entre vous lors de nos discussions sur la Tunisie que seul le peuple tunisien peut renverser cette mafia et j'avoue que je ne croyais pas pouvoir voir ce jour arriver si rapidement. Ma joie c'est d'avoir vécu ces évènements historiques en Tunisie où j'y étais depuis le 7 janvier. Je suis rentré hier de Tunis malgré moi. Mais la manipulation continue et la déclaration du premier ministre d'hier est à la fois anti-constitutionnelle et une manoeuvre de plus pour s'accrocher au pouvoir. Mais le peuple n'a pas été dupé. Il a exigé son départ et l'a obtenu aujourd'hui. Bien qu'imparfaite, la constitution a été appliqué correctement et les tunisiens se sont calmés et sont maintenant mobilisés dans la discipline pour commencer l'ère de la reconstruction d'une TUNISIE LIBRE ET DEMOCRATIQUE. J'espère que dans l'occident, on arrêtera d'agiter l'épouventail de l'intégrisme qui a maintenu un assassin mafieux au pouvoir depuis 1990 au moins. La révoltion tunisienne est profonde et responsable. Elle a commencé en 2009 avec la révolte des mineurs de Redeyef dans le sud tunisien, une révolte qui malgré la répression du régime de Ben Ali, les dizaines de martyrs, les centaines de blessés, de condamnés et de torturés a continué à résister jusqu'à l'acte heroique de BOUAZIZI, le 17 décembre dernier, ce jeune diplômé de 26 ans à qui le dictateur Ben Ali a refusé même le droit de survivre en vendant des fruits et des légumes. Bouazizi n'a pas exprimé sa colère en se transformant en bombe humaine ou en attaquant les autres comme il aurait pu le faire. Au contraire il tourné sa colère contre lui. En s'immolant par le feu devant la préfecture, il n'a pas seulement mis l'étincelle aux poudres et transformé la révolte en révolution,, mais il a aussi démontré la maturité de la jeunesse tunisienne, le sens politique et la force de combat et de résistance de ce peuple héroique. Depuis le début de 2009 et plus particulièrement depuis le 17 décembre 2010 aucune manifestation, illusion, participation, slogan ou revendication n'a pris l'ombre d'une allusion islamiste-intégriste de quelque nature que ce soit. Alors de quelle menace islamiste nous a-t-on rempli les oreilles? Est-ce à dire qu'il faut écarter d'un revers de main la menace intégriste? Bien évidemment NON. Il faut rester vigilant contre toutes les dérives et les récupérations politiciennes. Mais il faut aussi éviter de se tromper de combat et de sous-estimer la qualité des combattants. Car ce qui s'est passé en Tunisie est une véritable révolution qui a marqué à jamais l'histoire de la Tunisie,mais aussi celle du Maghreb et du monde arabe. Il ne faut pas confondre l'enjeu de la révolution tunisienne avec celui du soulèvement algérien comme l'ont souvent fait les médias français. Le peuple tunisien (dont la classe moyenne représente plus de 70%) ne s'est pas soulevé pour protester seulement contre la chéreté de la vie et le chômage qui sévit dans le pays et qui frappe jusqu'à 60% des jeunes dans certaines régions du pays. Il s'est soulevé surtout pour retrouver la liberté, la justice, la démocratie et la dignité.
C'est pourquoi aujourd'hui je suis optimiste.
Merci pour votre amitié et votre soutien.

Le 14 janvier 2011

mercredi 19 janvier 2011

TEMOIGNAGE

Mardi 18 janvier 2011 : (matin)
Chers tous, la nuit du lundi au mardi était calme à Tunis, nous sommes encore sous le régime du couvre qui est devenu désormais  de 18h à 5h30 du matin, les comités de vigilance et de protection des quartiers sont encore là dans les quartiers, mais l’ambiance est beaucoup moins tendues que les nuits précédentes. Peu d’alertes, dans notre quartier à un aucun moment  les responsables des équipes n’ont lancé des sifflets ou des cris pour signaler l’arrivée de voitures ou le passage de personnes étrangères au quartier. Je peux vous assurer que n’avons entendu aucun tir, les hélicoptères qui n’avaient cessé de survoler, la nuit précédente, le tronçon de l’auto route périphérique Tunis-Bizerte qui longe notre quartier, ne sont fait montrer à aucun moment. Malgré ce calme nous avons veillé jusqu’à 4h30 du matin et nous laissé quelques voisins pour continuer la garde jusqu’à 5h30 du matin et retirer les barricades.
Mais le plus important à vous signaler c’est que les discussions interrompues par la distribution de thé, de café, de douces pâtisseries tunisiennes  autour de feux de charbon , tournaient sur des sujets politiques et avant tout autour du gouvernement d’unité  nationale  annoncé au cours de l’après midi du lundi lors d’une conférence de presse tenue par le premier ministre Ghannouchi.
La tâche primordiale est que le pays revienne à la normale, c'est un gouvernement de transition qui doit nous amener pour les première vraies élections dans l'histoire du pays qui seront confiée à une commission indépendante et plus jamais  par le ministère de l'intérieur comme c'était le cas depuis l'indépendance de la Tunisie en 1956 , elles se feront pour la première fois en   présence d'observateurs internationaux. Les partis non reconnus (essentiellement l’extrême gauche POCT et les intégristes de la Nahdha) qui n'ont pas été associés au gouvernement de transition vont pouvoir se constituer en partis légaux et se présenter aux élections, une des tâches du gt de transition est de préparer un projet de loi d'amnistie générale.
   Malheureusement, sans vouloir les juger,  certain de ces partis font de la surenchère en ce moment, ils montent la vague de contestation très porteuse conte  le RCD, ils veulent éliminer ce parti, dès à présent, par une décision comme l’a fait Brimer pour le Baath, non, non, l'expérience de l'Irak est édifiante, le sort du RCD sera connu à suite du vote populaire démocratique c'est par le vote que notre peuple saura exprimer son avis sur ce parti. Mais je dois vous confirmer que déjà il n'est plus parti au pouvoir, dans la conférence de presse il a été bien dit et répété par le premier ministre, déjà il n'a plus ses cellules dans les entreprises (les cellules professionnelles qui terrorisaient les ouvriers et les fonctionnaires) et qui faisaient un travail de sape par rapport aux section s syndicales de l'UGTT (c’est l’UGTT qui a exigé et obtenu cette revendication).  Il ne faut pas oublier que la grande centrale syndicale UGTT soutient le gt de transition (3 ministres, l’économiste Abdejlil Bedoui, Le doyen Houssine Dimassi et l’ancien secrétaire du syndicat de l’enseignement sup qui a guidé notre grève administrative de 2005 Anouar Ben Gaddour) et trois partis démocratiques ( de la mouvance centre gauche progressiste et moderniste sont représentés dans ce gouvernement , chacun, par son premier responsable),  il y a également des ministres indépendants et crédibles on peut citer Taieb Baccouche universitaire et ancien SG de l'UGTT  en 1981-1982 et actuel président de l'Institut arabe des droits de l'Homme, 3 femmes sont au gouvernement: Moufida Tlatli la réalisatrice du film les silences du palais (Ministre de la culture), Lilia Labidi, psychologue et grande figure du féminisme (universitaire, au poste de Ministre de la femme),  Faouzia Charfi, universitaire physicienne  et veuve du grand Mohamed Charfi, elle est secrétaire d’Etat à la recherche toutes les garanties sont là pour rassurer les inquiets, ce sont des gages degaranties pour ceux qui ont des doutes,. Je ne veux lancer la pierre à quiconque, c'est compréhensible de leur part parce que dans notre pays le mensonge était de mise sous le régime autoritaire, mais être vigilant ne doit pas être une raison pour mettre en doute un processus qui s'est donné toutes  les chances de succès. Il faut montrer les garanties de réussite et non insister sur la fait que certains ministres avaient appartenu à l'ancien régime, encore une fois c'est un gouvernement de convergence nationale qui va assurer le passage vers la démocratie, il n'est pas  la fin,  il est le début d'un processus très complexe et comportant des risques, je n’ai aucun doute, comme moi vous êtes courant des interférences du faux voisin Kadafi qui de tout temps à financer tous les contestataires du monde entier et aujourd’hui il condamne  notre jeunesse qui a osé défié Ben Ali, Il voulait ben Ali comme président à vie, mabrouk pour lui, il peut le nommer pour la Libye pour concentrer lui à gouverner l’Afrique.
  Chers amis, la solution trouvée en Tunisie est constitutionnelle et non un coup d'Etat, elle peut ne pas apparaître  radicale pour certains, cependant, elle permet la continuité de l'Etat  et de ses services et évite le chaos. Même, si je suis discret, beaucoup de mes amis connaissent bien que de ma vie je n'ai jamais appartenu au parti destour (devenu ensuite RCD)  à l'âge de 19 ans j'ai adhéré au parti communiste (encore clandestin à l'époque) devenu depuis 1994 parti Tajdid (gauche démocratique) mais j'ai toujours respecté les autres opinions et leurs apports même si j’ai subi leur exclusion et leur autoritarisme. Le Destour (RCD) c'est un parti qui a dirigé la lutte nationale, c'est un parti de combat nationaliste,  il a dirigé et modernisé le pays depuis l’indépendance dans le cadre d’un système autoritaire, certes,  depuis sa prise du pouvoir beaucoup d'opportunistes s'y sont greffés, Ben Ali a utilisé la grande machine de ce parti pour faire perdurer son pouvoir, des mafieux sont devenus  des responsables de ce parti et de son comité central : les derniers dates sont les trabelsi et les matéri, mais de tout temps j'ai su distinguer les vrais, des faux. Les mafieux ne sont plus là, ils sont partis avec l’argent du peuple,  il faut laisser aux électeurs  en juger, à travers des élections libres et non par des décisions inquisitoires de l’avenir du parti et de sa place dans l’échiquier politique tunisien. C'est vrai que beaucoup de ses responsables locaux, régionaux et nationaux sont corrompus et ont été des supplétifs de la police politique dans les régions et dans les quartiers et dans l’administration etc… mais attention de jeter l'anathème sur l'ensemble (2 millions et demi de membres officiellement) on risque de créer ainsi une situation à l'irakienne , beaucoup de braves gens dans tous les milieux et dans toutes les professions  ont adhéré à ce parti par convenance ou pour pouvoir travailler et « grimper » dans des postes  sans être inquiété, mais depuis hier le RCD n'est plus le parti au pouvoir mais c'est un parti comme les autres, chers amis vous allez voir, une fois la peur s'éloigne et la confiance revenir, une fois que  gens  prennent confiance en eux,  d'autres réalités vont surgir, ils quitteront d’eux même ce parti, il aura sa vraie place, pourquoi voulez vous les donner sur un plateau aux intégristes, ou bien les voir utiliser l’argent qu’ils ont pour constituer des milices et s’allier à la police politique de ben Ali  pour faire avorter la révolution des jasmins, la révolution qui a installé le printemps en plein hiver 2011.
Il est hors de question pour moi d’exclure personne de ce processus, car, étant moi-même exclu depuis 35 ans, j'ai bien appris à éviter une telle démarche, ce que j'ai voulu dire que le processus actuel permet d'associer tout le monde, la première tâche  de gt est de préparer une loi d'amnistie générale tant réclamée en Tunisie, elle va rendre, leurs droits à tous les réprimés de gauche comme de droite, ils pourront former d'une manière légale leur partis politique se référent à des idéologies de gauche comme à celle  religieuses, Mais bien entendu j’ai mes choix et mes préférences, je milite pour donner la chance à la convergence des forces du progrès, de la démocratie et de la modernité en un grand rassemblement politique défendant les acquis de la Tunisie, car dans la douleur et la souffrance sous le despotisme des acquis ont été bien crées : les institutions de l’Etat moderne, une administration efficace, des infrastructures, l’éducation, les droits de la femme etc…
  Depuis avant hier la Ligue Tunisienne des droits d l'Homme (la première d’Afrique et du Monde arabe, un véritable patrimoine national en matière de lutte pour les droits humains)  a repris ses activités, ses locaux fermés depuis 05 ans ont été ouvert, elle est autorisé à organiser au plus vite son congrès. L'association légitime des magistrats (qui comprend dans son bureau national  quatre vaillantes femmes magistrates qui été éloignées de Tunis dans les quatre coins du pays, loin de leur mari et enfants : Kalthoum Kennou à Tozeur, Wassila Kaabi à Gabès, Raoudha Karafi à Siliana etc.. ) par le pouvoir de Ben Ali) a repris ses activités dimanche et a tenue sa première réunion au palais de la justice de Tunis  après 5 ans d'interdiction.
Mes étudiants, dont deux d’entre eux ont préparés sous ma direction des mémoires de maîtrise sur l’histoire des juifs de Tunisie ont été libérés hier après passé plus d’une année et demi dans les prisons parce qu’ils ont organisé une grève.
A côté de la composition du gouvernement ; dans la même conférence de presse on a annoncé la création de  3 commissions d'enquêtes (anti-corruption), (sur les tueries organisées de notre jeune) et une commission pour les réformes politiques ont été annoncées hier, elles sont présidées respectivement par Taoufik Bouderbala (ancien président de la ligue des droits de l'Homme), par Abdelfattah Amor (ancien doyen de la fac de droit) et la  dernière par Yadh Ebn Achour, tous ils sont intègres, respectés et je peux vous garantir s'ils vont voir qu'on va s'ingérer dans leurs activités ils seront les premiers à démissionner, les élections seront organisées par une commission électorale et non par le ministère de l'intérieur, elles se dérouleront sous contrôle international, je vois l'avenir de notre chère Tunisie à traves ces hommes et femmes qui sont aujourd'hui membres du gt, j'en conviens qu'ils sont aux de ministres ayant travaillé avec ben Ali, oui, dans toute transition il y a des éléments du passé, la révolution française n'a tué le roi que 4 ans après 1789....

J’arrête ma rédaction je viens d’apprendre que l’UGTT s’est retiré du gt et que son SG va tenir une conférence de presse à 15h, c’est très grave, ça doit être  sous la pression de certaines fédérations, il a peur pour sa place, j’arrête pour recueillir d’autres informations, je peux vous garantir que les trois partis d’opposition et les ministres  indépendants sont toujours au gouvernement d’union
Il est midi 15 mn
Je reviendrais  vers vous.
Habib Kazdaghli

Kazdagli dirige le département d'histoire contemporaine à l'université.

MERCI COHN BENDIT

En tant que tunisien je salue M. Cohn Bendit et je lui rend hommage pour son courage et son franc parler. Certains lui reprochent de dénoncer maintenant le dictateur Ben Ali et ses acolytes, mais au moins il faut reconnaitre que lui seul, parmi les centaines de députés européens, a eu le mérite de dénoncer l'hypocrisie de ce parlement et son manque de courage. J'irai plus loin pour dire qu'au jour d'aujourd'hui seul Cohn Bendit, au sein de cette assemblée européenne, a su dire les mots justes et s'est rangé du côté des opprimés, du côté du peuple tunisien qui n'a eu besoin de personne pour mener sa révolution du jasmin. Il n'est jamais trop tard pour se ranger du côté de la vérité et seul Cohn Bendit parmi tous les députés européens a fait ce pas. Alors au lieu de le critiquer, Messieurs et Mesdames les députés, faites comme lui. Soutenez la révolution du Jasmin. Soutenez cet élan démocratique et les aspirations nobles de LIBERTE, DIGNITE ET DEMOCRATIE pour lesquels le peuple tunisien et sa jeunesse héroïque a versé son sang. Soyez à la mesure de cet instant historique et à la hauteur de votre devoir d'élus des peuples d'Europe.

DE QUEL GOUVERNEMENT DE TRANSITION AVONS-NOUS BESOIN?

Je viens de réécouter l'interview de Nessma à M. El Béji Caïd Essebsi. Outre les informations qu'il a données sur la capacité de nuisance qui se terre encore au palais de Carthage et malgré le fait que c'est sous le régime de Bourguiba dont il a été le ministre de l'intérieur pendant 13 ans que j'ai été jeté en prison pour mes opinions politiques, je ne peux m'empêcher de partager son analyse de la situation et d'être d'accord sur la nature de l'urgence qui doit nous préoccuper. Deux points évoqués dans son interview méritent réflexion:

Le premier est relatif à l'urgence de remettre notre pays sur pied. Ce point je l'avais évoqué il y a déjà quelques jours et je l'ai repris dans l'article précédent. Il s'agit de l'urgence de rétablir la sécurité et la protection du citoyen ainsi que la reprise du travail et la relance de notre économie.
    Dans les conditions actuelles, la solution de la question de sécurité demeure épineuse. Elle mérite plus de réflexion surtout quand on sait combien la capacité destructrice des chiens de garde de Ben Ali au Palais de Carthage continue encore à nous menacer. Mais j'ai confiance dans la capacité de notre armée républicaine qui finira par l'anéantir. Et je pense que M. Caïd Essebsi a raison quand il urge les responsables actuels d'interroger l'assassin Sriti (et les autres) et d'obtenir de lui les renseignements qui pourraient aider l'armée à venir à bout des assassins du Palais de Carthage.

    Quant au deuxième volet relatif au fonctionnement de l'économie, des services et des secteurs sociaux, je continue à penser que nos cadres supérieurs, tant dans le secteur public que privé, sont en mesure d'assurer la reprise et la gestion des affaires courantes dans ces domaines immédiatement. Ceci peut se faire sans grande difficulté grâce aux cadres dont dispose la Tunisie. Un grand nombre de ces cadres que ce soit dans le secteur de l'administration, de la justice, de la santé, des finances, du commerce, de l'agriculture ou de l'industrie sont non seulement compétents, mais également intègres, dévoués et aussi patriotiques que vous et moi.  Leur confier la gestion des affaires économiques et sociales courantes du pays est faisable.

    - Le second point est relatif à la nature et à la mission du gouvernement de transition.
    Ce gouvernement doit être un gouvernement d'union nationale. Cela veut dire un gouvernement qui ne doit pas d'emblée et forcément exclure toute participation du RCD en son sein pour 2 raisons: d'abord parce que les militants/adhérents de ce parti (on parle de 2 millions) ne sont pas tous des pourris et qu'ils ont donc le droit d'être représentés dans cette formation et ensuite parce qu'on a besoin de la mémoire institutionnelle du RCD pour mener à bien la mission de ce gouvernement. En d'autres termes, je ne suis pas sûr que le refus inconditionnel de toute participation du RCD dans le gouvernment de transition soit vraiment le choix raisonnable et utile. Par contre je suis tout à fait sûr et convaincu qu'aucun des postes clés (notamment la défense, l'intérieur, la sécurité, la justice, les affaires étrangères et les finances) ne doit être laissé entre les mains des représentants de l'ancien régime. Tout au contraire, ces collaborateurs du régime de Ben Ali doivent se mettre entièrement à la disposition des membres du gouvernement de transition pour répondre à toutes leurs demandes et leur permettre d'exercer efficacement et rapidement leur mission.

    La tâche du gouvernement de transition doit se limiter à créer les conditions nécessaires pour l'organisation des élections présidentielles et législatives dans un climat de liberté et de transparence totales. Ces conditions incluent, entre autres, la promulgation d'une loi d'amnesty générale, la revision du code électoral et la revision -voir l'élaboration- d'une nouvelle constitution. Le travail des trois commissions annoncées par le gouvernement actuel sont très importants et doivent servir d'appui au travail du gouvernement national de transition (GNT)qui recevra l'appui du peuple.

    C'est dire que 1) on n'a pas besoin d'un gouvernement classique qui place des ministres à la tête de tous les ministères; 2) la mission du  GNT doit être spécifiquement limitée à la préparation d'un cadre juridique juste et à la mise en place des conditions et des moyens nécessaires pour organiser, dans un climat de sécurité, des élections libres, transparentes et démocratiques; 3) le mandat du GNT doit être limité dans le temps (6 mois) et pour finir 4) accompagner tout ce processus par un mécanisme qui permet au peuple tunisien de suivre en toute transparence le déroulement des travaux du GNT tout au long de son mandat.

    ENFIN LIBRE, Libre de penser, Libre de m'exprimer...

    Merci à ceux qui ont bien voulu s'inscrire à ce blog. Votre participation est essentielle pour réfléchir ensemble et pour nous permettre de former une opinion utile, responsable et patriotique.

    Depuis plus de 50 ans et pour la première fois dans notre vie à tous, jeunes et moins jeunes, nous sommes libres de penser et de s'exprimer sans craindre d'être arrêté, torturé, jeté en prison voir assassiné. Voici le premier acquis de la révolution du jasmin, un acquis définitif, un acquis que personne ne pourra plus nous enlever.

    Je remercie notre peuple et en premier lieu nos martyrs à la tête desquels Mohamed BOUAZIZI tient une place toute particulière pour son héroïsme et la maturité politique de son acte. Merci mon cher peuple pour cet acquis, merci pour cette dignité, merci pour ce droit fondamental.

    Notre devoir est maintenant d'en être digne et de le rester.

    Le 14 Janvier 2011

    mardi 18 janvier 2011

    VIGILANCE: Il est temps de passer du mot d'ordre à la pratique

    Il faut passer de l'émotion à la raison. Il faut continuer à faire confiance à notre peuple ainsi qu'à la profondeur et la maturité politique de notre "révolution du jasmin". Il faut éviter à notre pays de sombrer davantage dans la crise économique et lui éviter la paralysie de ses appareils de production économiques chèrement édifiés par le travail des tunisiens. Il faut éviter la destruction de nos institutions et remettre au travail les milliers de nos cadres dont la compétence est indiscutable. Tout cela est vrai et notre devoir de révolutionnaire du jasmin et de citoyen responsable est de faire aboutir cet état de faits.

    Ceci dit, il est nécessaire à mon sens de mettre en place des soupapes de sécurité et des mécanismes qui permettent au peuple tunisien et à sa jeunesse -artisan principal- de cette révolution de s'assurer que le travail du gouvernement de transition, quelque soit la nature de sa composition, se déroule dans le cadre qui lui a été tracé par cette révolution, d'appliquer ses directives et d'oeuvrer pour la réalisation stricte des objectifs qui lui ont été fixés. La confiance que nous faisons à tout gouvernement de transition doit être continuellement mise à l'épreuve à travers une information transparente et régulière sur ses actions. Pour m'expliquer plus clairement, j'aurais aimé entendre les ministres démissionnaires qui ont accepté de participer au gouvernement annoncé par M. Ghannouchi, il y a un peu plus de 24 heures, nous expliquer publiquement pourquoi ils ont changé d'avis. Nous dire que c'est en raison de la participation d'anciens responsable du régime de Ben Ali n'est pas suffisant, car ces derniers y étaient au moment ou ils ont accepté leur nomination. Maintenant que la parole est libre, ils n'ont plus d'excuse pour expliquer clairement leur décision.

    Ceci me conduit à conclure que le peuple tunisien est en droit d'exiger et de disposer de moyens adéquats et efficaces qui lui permettent de participer à la réalisation de cette mission délicate. On appelle tous à la vigilance et personne ne conteste l'importance de cet appel, mais nous avons besoin à cet instant précis de mettre sur pied les mécanismes nécessaires et efficaces pour que l'appel à la vigilance devienne une réalité concrète et non un voeu pieux.
    -  J'appelle l'opposition, en particulier celle que les régimes précédant le 14 janvier 2011 ont condamné à l'illégalité, ainsi que tous les responsables de la société civile de réflechir à la manière d'organiser et de mettre sur pied de tels mécanismes.
    -  J'appelle les membres du gouvernement de transition sur lequel le consensus national aura abouti de faciliter cette tâche et d'en faire une priorité immédiate, nous prouvant par une telle action la sincérité de son engagement.

    Soyons tous au niveau de la profondeur et de la maturité politque de notre révolution. Restons solidaires et concrétisons notre appel à la vigilance.

    Vive la Tunisie libre, digne et démocratique.

    Le 18 Janvier 2011