Le 14 janvier est un jour historique et sans doute l'un des plus beaux et des plus heureux de ma vie. Je me rappelle avoir dit à certains d'entre vous lors de nos discussions sur la Tunisie que seul le peuple tunisien peut renverser cette mafia et j'avoue que je ne croyais pas pouvoir voir ce jour arriver si rapidement. Ma joie c'est d'avoir vécu ces évènements historiques en Tunisie où j'y étais depuis le 7 janvier. Je suis rentré hier de Tunis malgré moi. Mais la manipulation continue et la déclaration du premier ministre d'hier est à la fois anti-constitutionnelle et une manoeuvre de plus pour s'accrocher au pouvoir. Mais le peuple n'a pas été dupé. Il a exigé son départ et l'a obtenu aujourd'hui. Bien qu'imparfaite, la constitution a été appliqué correctement et les tunisiens se sont calmés et sont maintenant mobilisés dans la discipline pour commencer l'ère de la reconstruction d'une TUNISIE LIBRE ET DEMOCRATIQUE. J'espère que dans l'occident, on arrêtera d'agiter l'épouventail de l'intégrisme qui a maintenu un assassin mafieux au pouvoir depuis 1990 au moins. La révoltion tunisienne est profonde et responsable. Elle a commencé en 2009 avec la révolte des mineurs de Redeyef dans le sud tunisien, une révolte qui malgré la répression du régime de Ben Ali, les dizaines de martyrs, les centaines de blessés, de condamnés et de torturés a continué à résister jusqu'à l'acte heroique de BOUAZIZI, le 17 décembre dernier, ce jeune diplômé de 26 ans à qui le dictateur Ben Ali a refusé même le droit de survivre en vendant des fruits et des légumes. Bouazizi n'a pas exprimé sa colère en se transformant en bombe humaine ou en attaquant les autres comme il aurait pu le faire. Au contraire il tourné sa colère contre lui. En s'immolant par le feu devant la préfecture, il n'a pas seulement mis l'étincelle aux poudres et transformé la révolte en révolution,, mais il a aussi démontré la maturité de la jeunesse tunisienne, le sens politique et la force de combat et de résistance de ce peuple héroique. Depuis le début de 2009 et plus particulièrement depuis le 17 décembre 2010 aucune manifestation, illusion, participation, slogan ou revendication n'a pris l'ombre d'une allusion islamiste-intégriste de quelque nature que ce soit. Alors de quelle menace islamiste nous a-t-on rempli les oreilles? Est-ce à dire qu'il faut écarter d'un revers de main la menace intégriste? Bien évidemment NON. Il faut rester vigilant contre toutes les dérives et les récupérations politiciennes. Mais il faut aussi éviter de se tromper de combat et de sous-estimer la qualité des combattants. Car ce qui s'est passé en Tunisie est une véritable révolution qui a marqué à jamais l'histoire de la Tunisie,mais aussi celle du Maghreb et du monde arabe. Il ne faut pas confondre l'enjeu de la révolution tunisienne avec celui du soulèvement algérien comme l'ont souvent fait les médias français. Le peuple tunisien (dont la classe moyenne représente plus de 70%) ne s'est pas soulevé pour protester seulement contre la chéreté de la vie et le chômage qui sévit dans le pays et qui frappe jusqu'à 60% des jeunes dans certaines régions du pays. Il s'est soulevé surtout pour retrouver la liberté, la justice, la démocratie et la dignité.
C'est pourquoi aujourd'hui je suis optimiste.
Merci pour votre amitié et votre soutien.
Le 14 janvier 2011
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