Aujourd'hui, la "Révolution du jasmin" a sept jours. Sa gestation a commencé avec le soulèvement des mineurs de Redeyef en 2009. Durant plus de deux ans, l'embryon a été nourri par le sang des martyrs dont celui de Mohamed BOUAZIZI qui le 17 décembre dernier par son acte héroïque a fini par lui donner l'âme et la vie. La révolte s'est alors transformée en REVOLUTION et le 14 janvier, le bébé est venu au monde, stupéfiant ce dernier par sa vigueur et sa prématurité. Depuis ce jour historique, la révolution n'a cessé d'avancer et de marquer des points. En une semaine, la révolution du jasmin a imposé sa volonté et tracé son chemin vers la LIBERTE, LA DIGNITE ET LA DEMOCRATIE.
Bien que portée par la volonté de son peuple et la détermination de sa jeunesse, cette révolution est encore loin de marcher fermement sur ses pieds. Ses aspirations restent en devenir et la Tunisie libre, digne et démocratique que tous les Tunisiens appellent de leurs voeux reste à construire.
Alors que nous entamons aujourd'hui le premier des trois jours de deuil en hommage à nos martyrs, nous devons TOUS et sans tarder nous engager dans l'édification de notre Tunisie nouvelle. Nous devons le faire dans la solidarité, la tolérance, le respect et surtout la raison.
L'urgence de notre action s'inscrit à mon sens dans trois domaines clé.
Tout d'abord, dans celui du code électoral et du code de la presse. Deux secteurs où la réforme s'impose de manière urgente afin que les prochaines élections présidentielles et législatives, puissent se dérouler dans la transparence, le droit et le respect de la volonté du peuple. A ce titre, je pense qu'il est impératif que la loi en vigueur qui interdit la légalité à tout parti politique basé sur la religion soit maintenu en attendant que des dispositions plus claires et plus précises soient intégrées au sein même de la nouvelle Constitution (voir plus loin). Un autre élément qui me semble indispensable afin d'éviter tout accaparement du pouvoir par un quelconque parti est l'adoption du principe de la proportionnelle dans les élections. Voici au moins deux éléments sur lesquels nous devons nous pencher et approfondir notre pensée. Quant à la réforme du code de la presse, elle s'inscrit dans la même urgence pour des raisons évidentes: garantir la liberté de la presse afin qu'elle puisse jouer pleinement son rôle d'information et accompagner ainsi les prochaines élections.
Le second domaine est celui de la sécurité. En effet, il est urgent que le citoyen tunisien retrouve au plus vite la sécurité et la confiance dans la police nationale. Un premier pas est fait suite à la décision prise hier par le gouvernement d'union nationale d'enlever des établissements universitaires la police universitaire et les agents de renseignement. Mais le plus dure reste à faire et à faire rapidement. Il faut que la sûreté nationale soit débarrassée de ses fonctions et de ses structures répressives (en particulier la police politique) et que la police cesse d'être une police de repression pour devenir une police de protection du citoyen. Il y a plus de 120,000 agents de police en Tunisie sans compter les milices et les indicateurs du RCD qui sont bien plus nombreux (on estime qu'il y a en moyenne un agent de police ou de renseignement pour 5 Tunisiens). Mais soyons clair, il ne s'agit pas de transformer cette réforme en vindicte contre le corps de police. Il faut à tout prix éviter d'iraquiser la situation en mettant dans la rue et en stigmatisant des milliers d'agents de police formés à l'usage des armes et connaissant les rouages de la repression. L'épuration doit se faire à la fois par l'élimination des éléments irrécupérables qui doivent être mis hors d'état de nuire et par l'organisation de programmes de formation et de rééducation qui feront d'eux une force de sécurité et de protection citoyenne et républicaine.
Le troisième, enfin, concerne la réforme des institutions politiques et de la justice. La commission présidée par Yadh Ben Achour se penchera sur cette tâche essentielle. Nul ne doute de la compétence, de la probité et du patriotisme de M. Ben Achour. Personnellement je lui fais confiance et m'attends à ce qu'il mène sa mission avec succès et de manière satisfaisante. Je pense néanmoins que cette commission ne doit pas inclure parmi ses objectifs l'élaboration de la nouvelle Constitution. Deux raisons justifient ma position à ce sujet:
Notre rôle en tant que citoyen responsable est de commencer immédiatement à nous préparer afin de contribuer positivement à l'accomplissement de cette oeuvre majeure qui déterminera l'avenir de notre pays et de son peuple. Nous devons commencer à étudier les Constitutions d'autres pays véritablement démocratiques, réfléchir sur leur contenu en fonction de notre histoire, notre culture, nos valeurs et les aspirations clairement exprimés par notre révolution. Nous devons mieux comprendre et identifier les points forts et les points faibles des divers régimes démocratiques (présidentiel, parlementaire, etc.) qui existent autour de nous, identifier et évaluer les pouvoirs et contre pouvoirs qu'ils utilisent... Tout cela est nécessaire afin que chacun d'entre nous puisse exercer de manière responsable ce droit que la révolution tunisienne vient d'arracher, afin d'éviter les erreurs et les dis-fonctionnements éventuels et réussir enfin à concevoir le régime démocratique qui nous convient le mieux et qui assure le développement continu de notre démocratie. A titre d'exemple, nous devons dès l'instant réfléchir sur la question de l'état et de la religion dans la constitution. Personnellement, je militerai de toutes mes forces pour une Constitution qui garantirait la laïcité et la séparation totale entre l'état et la religion.
J'invite particulièrement nos jeunes à se mettre à cet exercice car leur avenir en dépend sérieusement.
Vive la Tunisie libre, digne et démocratique.
Bien que portée par la volonté de son peuple et la détermination de sa jeunesse, cette révolution est encore loin de marcher fermement sur ses pieds. Ses aspirations restent en devenir et la Tunisie libre, digne et démocratique que tous les Tunisiens appellent de leurs voeux reste à construire.
Alors que nous entamons aujourd'hui le premier des trois jours de deuil en hommage à nos martyrs, nous devons TOUS et sans tarder nous engager dans l'édification de notre Tunisie nouvelle. Nous devons le faire dans la solidarité, la tolérance, le respect et surtout la raison.
L'urgence de notre action s'inscrit à mon sens dans trois domaines clé.
Tout d'abord, dans celui du code électoral et du code de la presse. Deux secteurs où la réforme s'impose de manière urgente afin que les prochaines élections présidentielles et législatives, puissent se dérouler dans la transparence, le droit et le respect de la volonté du peuple. A ce titre, je pense qu'il est impératif que la loi en vigueur qui interdit la légalité à tout parti politique basé sur la religion soit maintenu en attendant que des dispositions plus claires et plus précises soient intégrées au sein même de la nouvelle Constitution (voir plus loin). Un autre élément qui me semble indispensable afin d'éviter tout accaparement du pouvoir par un quelconque parti est l'adoption du principe de la proportionnelle dans les élections. Voici au moins deux éléments sur lesquels nous devons nous pencher et approfondir notre pensée. Quant à la réforme du code de la presse, elle s'inscrit dans la même urgence pour des raisons évidentes: garantir la liberté de la presse afin qu'elle puisse jouer pleinement son rôle d'information et accompagner ainsi les prochaines élections.
Le second domaine est celui de la sécurité. En effet, il est urgent que le citoyen tunisien retrouve au plus vite la sécurité et la confiance dans la police nationale. Un premier pas est fait suite à la décision prise hier par le gouvernement d'union nationale d'enlever des établissements universitaires la police universitaire et les agents de renseignement. Mais le plus dure reste à faire et à faire rapidement. Il faut que la sûreté nationale soit débarrassée de ses fonctions et de ses structures répressives (en particulier la police politique) et que la police cesse d'être une police de repression pour devenir une police de protection du citoyen. Il y a plus de 120,000 agents de police en Tunisie sans compter les milices et les indicateurs du RCD qui sont bien plus nombreux (on estime qu'il y a en moyenne un agent de police ou de renseignement pour 5 Tunisiens). Mais soyons clair, il ne s'agit pas de transformer cette réforme en vindicte contre le corps de police. Il faut à tout prix éviter d'iraquiser la situation en mettant dans la rue et en stigmatisant des milliers d'agents de police formés à l'usage des armes et connaissant les rouages de la repression. L'épuration doit se faire à la fois par l'élimination des éléments irrécupérables qui doivent être mis hors d'état de nuire et par l'organisation de programmes de formation et de rééducation qui feront d'eux une force de sécurité et de protection citoyenne et républicaine.
Le troisième, enfin, concerne la réforme des institutions politiques et de la justice. La commission présidée par Yadh Ben Achour se penchera sur cette tâche essentielle. Nul ne doute de la compétence, de la probité et du patriotisme de M. Ben Achour. Personnellement je lui fais confiance et m'attends à ce qu'il mène sa mission avec succès et de manière satisfaisante. Je pense néanmoins que cette commission ne doit pas inclure parmi ses objectifs l'élaboration de la nouvelle Constitution. Deux raisons justifient ma position à ce sujet:
- D'abord parce que l'élaboration d'une Constitution est une lourde tâche dont la complexité nécessite d'y consacrer une commission qui lui soit totalement dédiée et dont les membres doivent afficher une expérience prouvée et une compétence juridique spécifique.
- Ensuite, et c'est le plus important, parce que la nouvelle Constitution ne peut être préparée par un gouvernement de transition (à l'heure actuelle encore contesté: la puissante Union générale des travailleurs tunisiens -UGTT- vient d'annoncer son refus de tout gouvernement qui comprendrait en son sein un quelconque membre/minitre de l'ancien régime) même s'il jouit du consensus populaire. Cette tâche fondamentale doit être l'oeuvre des états généraux de la république réunis par le gouvernment qui sera issu des prochaines élections afin que le peuple puisse être correctement représenté, afin que les partis politiques, les organisations non gouvernementales et la société civile puissent jouer pleinement leur rôle et afin que la concertation entre l'ensemble des Tunisiens (à travers les élus et les instances qui les représentent) puisse effectivement s'exercer.
Notre rôle en tant que citoyen responsable est de commencer immédiatement à nous préparer afin de contribuer positivement à l'accomplissement de cette oeuvre majeure qui déterminera l'avenir de notre pays et de son peuple. Nous devons commencer à étudier les Constitutions d'autres pays véritablement démocratiques, réfléchir sur leur contenu en fonction de notre histoire, notre culture, nos valeurs et les aspirations clairement exprimés par notre révolution. Nous devons mieux comprendre et identifier les points forts et les points faibles des divers régimes démocratiques (présidentiel, parlementaire, etc.) qui existent autour de nous, identifier et évaluer les pouvoirs et contre pouvoirs qu'ils utilisent... Tout cela est nécessaire afin que chacun d'entre nous puisse exercer de manière responsable ce droit que la révolution tunisienne vient d'arracher, afin d'éviter les erreurs et les dis-fonctionnements éventuels et réussir enfin à concevoir le régime démocratique qui nous convient le mieux et qui assure le développement continu de notre démocratie. A titre d'exemple, nous devons dès l'instant réfléchir sur la question de l'état et de la religion dans la constitution. Personnellement, je militerai de toutes mes forces pour une Constitution qui garantirait la laïcité et la séparation totale entre l'état et la religion.
J'invite particulièrement nos jeunes à se mettre à cet exercice car leur avenir en dépend sérieusement.
Vive la Tunisie libre, digne et démocratique.
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